Transcription
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Monsieur, depuys les dernières lettres que je vous ay escrittes, je n’ay rien
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apris de nouveau, sinon que hier passa par icy ung gentilhomme qui
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venoit de vers le Grand Seigneur par comission de sa majesté pour
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la delivrance de plusieurs gentilzhommes de France qui estoient
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detenuz par della, mesmement mesme pour les chevalliers
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de Vogdemar et de Rochefort. Toutesfoys, il ne
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rameine avec soy que ledit de Rochefort. Ledit gentilhomme
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me conta comme le seigneur Don Joan d’Austria est tousiours après
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de parfaire l’armée du roy catholicque, néaulmoins, on ne
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scait encores en quoy il pretend d’employer ces forces, ou bien
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pour la Saincte Ligue, ou sil les vouldra dresser ailleurs. Au
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demeurant, Monsieur, je masseure que vous estes averty commes les
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postes sont maintenant dressées pour ces ce quartier et pour ceste ville,
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de manière que tous ceulx qui ont accoustumez de tenir les
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postes ont obéy à lordonnance qui en a esté faicte par sa
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majesté et leur contreroleur, hormis le cappitaine Jordan du Mont de Lan qui n’a
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point encores mis de chevaulx en ceste ville, de manière
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que ceulx qui passent sont contrains de faire passer leurs
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cevaulx deux ou troys postes et à leur grand desavantage
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et mescontentement ; et parce, Monsieur, que cella deppend
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de votre authorité, je vous supplie de luy faire obéyr
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comme ont faict les aultres et touttes ces bonnes gens d’icy
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qui rapportent tousiours quelque proffit de telle commodité
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[v°] vous en demeureroyent très obligez, comme je feray aussi de ma
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part pour la prière que je vous en fais ; cependant
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je vous supplieray, Monsieur, me tenir tousiours en votre
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bonne grâce, à laquelle je me recommande très humblement et
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prie Notre Seigneur quil vous veuille donner
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Monsieur, en très bonne santé, longue et très heureuse vie.
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D’Ambrun, le VIe de jullet 1572.
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Votre très humble allié et serviteur
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G. d’Avanson, A. d’Ambrun.
